Les ballades secrètes de Paris décrites dans cette page ont été extraites du livre de Marjolaine Koch. Il en est de même des plans décrivant le parcours. Les ballades actuellement décrites sont :
1 – Sur les hauteurs de Montmartre
2 – L’île Saint Louis, le cœur de Paris
4 – Entre St Michel et le quartier latin
5 – La nouvelle Athènes
15 – Les passages couverts de Paris
16 – Sur les hauteurs de Montmartre
1 – Sur les hauteurs de Montmartre

De la rue Caulincourt, remonter la rue des Saules. Après la rue St Vincent, les vignes de Montmartre (plantées en 1929 – 300 litres de vin vendus aux enchères), le cabaret le Lapin Agile (autrefois, le lapin à Gill – Cantine d’Aristide Bruant et de Picasso), la Maison Rose (ancienne habitation de Maurice Utrillo) et la rue de l’abreuvoir (les troupeaux venaient s’y désaltérer). Dans cette rue, une maison à colombages verts avec un cadran solaire. La rue débouche sur la place Dalida (buste en bronze avec deux marques d’affection). Se faufiler dans l’étroite rue des Brouillards. Traverser le petit square Suzanne – Buisson. Au N°13 de la rue Junot, en hauteur, peintures des poulbots de Montmartre (Francisque Poulbot, l’ami des gamins des rues).
Rue Norvins où le Passe muraille sculpté par Jean Marais tente de se dégager du mur. Place Jean Baptiste Clément, l’auteur de l’air « le temps des cerises ». La rue Norvins nous mène à la place du Tertre où les peintres exposent leur travail. Avant d’arriver sur la place du Calvaire (Musée Dali), une très belle vue sur Paris. En quittant la place, on passe devant l’étroite mais célèbre rue de la Mire. En 1736, la « Mire du Nord » marquait le méridien de Paris, abandonné plus tard pour celui de Greenwich. Rue Lepic, on aperçoit le moulin de la Galette aussi appelé le Blute-fin (Autrefois, il y avait 30 moulins sur la butte). Après le pressage du blé et des raisins, il servit des galettes. En face du moulin, pénétrer dans la rue Orchampt qui mène à une jolie place ombragée et au Bateau – Lavoir de Picasso. Rue des Trois Frères, l’épicerie Collignon d’Amélie Poulain.

En sortant du passage des Abbesses, la place, le square qui abrite « le mur des je t’aime » (300 langues) et l’église Saint Jean de Montmartre (Photo ci-contre) faite de briques et de béton armé et son autel avec ses petites mosaïques qui évoquent l’Orient. En bas de la rue Germain Pilon, on atteint le boulevard de Clichy. Au N° 58-60, derrière de lourdes grilles, on aperçoit une superbe entrée (la villa des Platanes), encadrée de colonnes et de deux statues. Remonter la rue Coustou pour rejoindre la rue Lepic qui mène au Café des 2 Moulins (autre lieu de tournage d’Amélie Poulain). Rue Cauchois, un immeuble avec ses bow windows d’angle (assez inhabituel à Paris). Retour sur le boulevard puis se plonger dans l’ambiance calme et verdoyante de la cité Véron où Boris Vian vécut au N°6 et plus tard Jacques Prévert avec une terrasse dominant le Moulin Rouge.


2 – L’île Saint Louis, le cœur de Paris

La balade commence en enjambant le pont Marie, premier pont de pierre à relier l’île à la capitale en 1630. Sa construction sous Louis XIII prit 20 ans. Sur le pont, il y avait autrefois 50 maisons (comme sur le Ponte Vecchio) dont la moitié fut emportée par la crue de 1658. Poursuivre en longeant le quai Bourbon et arrêt devant la porte bleue toute de guingois (ancienne belle porte vendue en 1916 au Metropolitan Museum of Art de NY). Une grande partie des plaques des immeubles rappelle les personnalités qui ont habité l’île dont au N° 19, la sculptrice Camille Claudel. A un coin d’angle, la petite statue de St Nicolas (patron des mariniers) détruite par un révolutionnaire en 1793. Rue Regrattier, une inscription « rue de la femme sans teste » : ancienne adresse d’un cabaret. A la pointe de l’île, aux N° 45 et 47, l’hôtel de François Le Vau orné de deux écussons (bâtisseurs d’une bonne partie des immeubles de l’île).
Après le virage, le quai d’Orléans (vue sur la cité et la cathédrale Notre Dame) puis suivre la rue Bourdarel pour rejoindre la rue principale, Saint Louis, dont certaines boutiques ont conservé les devantures d’époque (Photo ci-contre). Au N°51, l’hôtel Chenizot (décoration rocaille : chimères, satyre, végétaux). Au N°54, l’hôtel « Le jeu de paume » (l’ancêtre du tennis). Plus loin, le célèbre glacier Berthillon puis l’église St Louis (Photo ci-dessous). La première église fut construite en 1623 et agrandie en 1725 avant de s’effondrer partiellement quelques années plus tard. Au bout de la rue, l’arrière de l’hôtel Lambert, occupé par Michèle Morgan puis le banquier Guy de Rothschild et enfin l’émir du Qatar en 2007. A côté une indication de la crue de 1910.

Après le virage, le quai d’Anjou. Au N°7, le Syndicat des maîtres boulangers. Au N°39, le théâtre Paul Rey. Traverser l’île en direction du pont de la Tournelle par la rue des Deux Ponts. Au N°8, une institution : les bains douches (toujours en activité), gratuits depuis 2000. Au bout de la rue, le pont de la Tournelle comportant une statue hissée (Ste Geneviève) tout en haut d’une colonne de pierre. Le pont est utilisé pour la mesure des crues au centre de Paris. Emprunter le quai de Béthune. Le N° 36 hébergea Marie Curie. Au N°24, y vécurent Helena Rubinstein puis Georges Pompidou. Au bout de la rue, le pont de Sully. Terminer le parcours dans le square Barye situé en bout de l’île.


4 – Entre St Michel et le quartier latin

A la station Luxembourg, descendre vers la Seine et tourner à droite à hauteur de la Sorbonne. Cette faculté à été créée en 1257 par Henri Sorbon, le chapelain de St Louis (15 étudiants alors en théologie). Après les rues Victor Cousin, Cujas et Soufflot, se diriger vers le Panthéon pour arriver au cœur du Quartier Latin (le latin était alors la langue de l’enseignement). Superbe façade de la bibliothèque Ste Geneviève (810 noms d’auteurs et de savants inscrits jusqu’en 1848). La rue Ste Geneviève mène à l’église St Étienne du Mont (Photo ci-dessous). Après les rues Laplace, Valette et Lanneau, le Collège de France construit sur d’anciens thermes romains. Dans sa cour, une statue de Champollion pensif.
Emprunter la rue des écoles et repasser devant la Sorbonne. Dans le petit square Painlevé, plusieurs statues dont celle en bronze de Montaigne (toucher son pied assure la réussite). A côté, le musée du Moyen âge contenant les thermes de Cluny, vestiges gallo – romains (100 m par 65 m). Un jardin aménagé selon des principes établis par Charlemagne (fruits, fleurs et légumes). Traverser le boulevard St Germain pour rejoindre la rue de la Harpe, le pied de la montagne Ste Geneviève. Rue de la Parcheminerie, une petite boutique anglaise, « The Abbey Bookshop ». L’église St Séverin, un joyau de l’architecture gothique. La cour attenante est un ancien charnier (le dernier de Paris) avec dix arcades (emplacement des notables). Côté rue, un festival de gargouilles.

Traverser la rue St Jacques pour accéder à l’église de St julien le Pauvre (1ère église affectée au rite grec melkite en 1889). A proximité, un arbre (un robinier) planté en 1601 ainsi qu’un puits du XII ème siècle. Continuer rue de la Bûcherie puis rue Frédéric Sauton où l’on découvre quelques anciennes librairies et maisons d’édition. Rue Lagrange, des immeubles agrémentés de mosaïques et de vérandas. Au N° 52 de la rue Galante, le « Caveau des Oubliettes » (Photo ci-contre) comporte dans son sous sol de véritables oubliettes et une guillotine de 1793. Un bas relief représente St Julien et son histoire. Rue du Petit Pont, les mosaïques du bar Polly Maggoo. Rue de la Huchette, le « Caveau de la Huchette » (célèbre club de jazz) et le « Théâtre de la Huchette » qui joue depuis 50 ans, des pièces de Ionesco. Entre les deux, la rue très étroite du Chat qui Pêche. Arrivée sur la place St Michel : l’imposante fontaine représentant St Michel terrassant le dragon installée depuis 1860 avec tout autour des cafés.


5 – La nouvelle Athènes

Nom donné en raison des nombreuses façades (hôtels particuliers) néoclassiques, datant des XVIII et XIX ème siècles, en opposition au style haussmannien. Le parcours démarre par l’église Notre Dame de Lorette (nom également donné aux femmes fréquentant les « bons partis » du quartier – Photo ci-dessous). Elle est imposante par ses quatre colonnes et son style néoclassique. A l’intérieur, un décor coloré en relief et de magnifiques plafonds à caisson. Poursuite par la rue Bourdaloue puis la rue des Martyrs qui a conservé de nombreuses boutiques d’alimentation. A droite, la rue Manuel avec ses nombreuses devantures en bois. La rue Milton puis la rue Agent Bailly reconnaissable à ses fresques sur les premières façades.
Rue Rodier, au N°18, façade néoclassique typique du quartier. Dans la rue de la Tour d’Auvergne, près de la cité Gordon quatre larges portes d’anciennes écuries. En retrouvant la rue des Martyrs, au nord, on aperçoit le Sacré Cœur. Avant la rue Clauzel, sur la droite, la boulangerie Delmontel avec de belles gravures et fenêtres. Rue Clauzel, au N°7, une belle façade avec bow Windows et sculptures. Sur la porte d’entrée, le chirurgien fit sculpter un caducée d’Hermès. Au N°14, la boutique du père Tanguy (immortalisé par Van Gogh) qui exposait chaque jour un tableau différent, celui d’un peintre qui allait devenir célèbre (Sysley, Monet, Renoir, Pissarro, etc.). Au bout de la rue, la place Gustave Toudouze ornée d’une fontaine Wallace (fontaines disséminées à partir de 1872 par le philanthrope R. Wallace). Aux N° 41, 49, 52 et 54 de la rue N.D. de Lorette de beaux exemples d’architecture néoclassique. Même chose aux N° 5 et 7 de la rue Chaptal. En 1928, rue Pierre Fontaine, Sydney Bechet tira au fusil sur quelques personnes sans les blesser (prison et expulsion de France).

Rue Henner, on accède au musée de la « Vie romantique ». Fréquenté par George Sand et Litz, on peut y voir des tableaux de Delacroix, Géricault, etc. Rue de la Bruyère, belles façades aux N°41, 39 et 21. A la place St Georges, on peut accéder au square Alex Biscarre et admirer la très belle façade de l’hôtel Tiers (président de la République en 1871) et de l’hôtel Pavïa. Au centre, la fontaine servait autrefois à abreuver les chevaux. Rue Saint Georges, le théâtre du même nom. Rue d’Aumale, encore de belles façades. Les rues St Lazare et La Rochefoucauld nous mènent au musée Gustave Moreau. Rue de la Tour Des Dames, « les Folies » sorte d’hôtels particuliers, maisons bourgeoises du XIX ème siècle. La rue Blanche porte son nom à cause des véhicules qui transportaient le plâtre extrait des carrières de Montmartre. En bout de rue, l’élégante et imposante église de la Trinité (Photo ci-contre), construite entre 1861 et 1867. A l’intérieur, le cœur en surplomb est inhabituel tout comme les rampes latérales extérieures qui permettaient aux carrosses de s’approcher au plus près de l’église.

